» Ouarzazate auditée : Des commissions d’enquête en boucle
Publié le 17/12/2010 | Dans
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A Ouarzazate, une commission ne part que pour laisser sa place à une autre. La ville est auditée !!! Et pour principale cause, l’absence de certains projets pourtant présentés au Souverain depuis 2005 dans la réalité. Les enquêteurs ont écouté des gouverneurs, et des présidents de la commune urbaine et certains fonctionnaires responsables.
Parmi les projets qui ont fait l’objet d’enquête, il y a lieu de citer cette zone touristique de Tarmigt présentée au Souverain. Les questions des enquêteurs de cette première commission, relevant du département de l’intérieur, portaient également sur les causes entravant le bon déroulement de projets dont la réalisation relevait de la responsabilité du holding Al Omran.
D’ailleurs, le ministre de l’habitat et de l’urbanisme Taoufik Hjira avait prolongé son séjour de près d’une semaine à Ouarzazate après la visite royale pour résoudre personnellement ce délicat problème. Deux lotissements accusent, en effet, un retard qui remonte à 2006. Sur le terrain, pas la moindre brique. Les responsables avaient déclaré, en effet, que les maisons allaient être remises aux bénéficiaires en juin 2010, puis en septembre 2010, en vain. Les enquêtes ont aussi porté sur les procédures de lancement des marchés et les déviations non conformes au cahier des charges initial avaient été commises volontairement et délibérément, notamment pour ce qui est du marché de la voirie exécuté en 2008.
Il semble que le secteur d’urbanisme a constitué le wagon resté à la traine dans le développement de la capitale africaine de cinéma. Les agissements des élus, notamment de l’ancien président du conseil municipal ont été négativement signalés par le rapport de la Cour des comptes régionale d’Agadir. Trois commissions se sont ainsi succédé pour le même dossier. La première relève du ministère, la deuxième des finances et une troisième a trait à l’audit interne d’Al Omran. Des séances sans relâche d’écoute des fonctionnaires d’Al Omran se sont poursuivies des journées durant. L’objectif reste d’élucider les causes des dysfonctionnements dans les actions et projets de ce holding. En fait, pas moins de trois lotissements ont été remis à leurs propriétaires, sans que cet établissement ne leur délivre de titres de propriété. Selon des sources locales, l’opération d’achat du terrain des lotissements Al Massira entre la municipalité et le holding a eu lieu sans actes ni titres, ce qui a causé même la possibilité que tous les lotissements d’Al Omran soient également objet de l’hypothèque par la famille Bagach dans son bras de fer avec la municipalité. En plus de cela, deux projets de lotissements, en l’occurrence Atlas et Zaouia accusent un retard de plus de quatre ans. En 2006, les bénéficiaires qui ne sont autres que les ayants droits des terrains collectifs de la région, ont commencé à verser leurs contributions sans voir leurs projets réalisés dans les faits. D’ailleurs, deux fausses promesses ont été faites par les responsables durant l’année 2010, les bénéficiaires ne croient plus en rien. Ils sont passés à l’action. Désormais, ils ne parlent que le langage des sit-in.
Anas Azizi